la Justice se radicalise sous la Transition
L’Avocat général près la cour suprême Mohamed Cherif Koné a été relevé de ses fonctions par décret présidentiel signé par le Président de la Transition sur proposition du Ministre de la justice qui met à exécution la volonté des magistrats de la cour suprême. Mohamed Chérif Koné est sanctionné pour ses prises de position contre son institution dans le sulfureux dossier dit “Achat d’équipements militaires” dont la cour suprême s’est autosaisie alors qu’il relèverait de la haute cour de justice. Mohamed Chérif Koné n’est pas un avocat qui a la langue dans la poche. Bien que nommer Avocat général près la cour suprême, le défenseur des droits des citoyens et de la justice, a voulu donner son point de vue et sa position dans cette affaire dont la cour suprême dont il est membre s’est saisie. Pour lui tout comme pour beau – coup d’observateurs, en faisant arrêter des anciens ministres pour des faits qui remontent au moment où ils étaient ministres de gouvernement, la cour suprême a outre- passé ses prérogatives et viole au passage la constitution. Cette prise de position lui vaut aujourd’hui son poste d’Avocat général près la cour suprême. Ses désormais ex collègues ne lui pardonnent pas d’avoir sorti dehors le linge sale de la famille. Réunis, ils ont pris la décision d’exclure de leurs rangs Mohamed Chérif Koné pour non- respect du devoir de réserve que lui obligent ses fonctions en pro – posant au ministre de la justice de faire annuler son décret de nomination.
Ce qui fut vite fait par le président de la Transition. Mohamed Chérif Koné n’est plus Avocat général près la cour suprême. Comme quoi devoir de réserve ne rime pas avec la liberté d’expression et de penser reconnue à chaque citoyen par la loi fondamentale. Cette sanction ne manque pas de soulever des interrogations. Mohamed Chérif Koné a- t- il été sanctionné pour avoir violé son de- voir de réserve ou paie-t-il sa défense en faveur de Soumeylou Boubèye Maïga dont l’arrestation sous les ordres du procureur de la cour suprême crée des vagues dans l’opinion nationale? Sous la transition et depuis l’arrivée du couple Assimi-Choguel à la tête des affaires du pays, la justice se radicalise et ne semble plus tolérer quoique ce soit. Tant que la justice est distribuée sous des bases saines, dépourvue de toute équivoque, on ne peut que l’applaudir. Mais, cette distribution de la justice qui n’épargne même pas les magistrats eux- mêmes, in – quiète plus d’un malien. Assistons- nous à un règlement de comptes à l’intérieur de la cour suprême aux allures politiques ?
Observons voir!
Source: Le Pouce Youma

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