Si les coupes incontrôlées des arbres est devenu ses derniers temps un phénomène mondial, le cas du Mali est plus qu’inquiétant. Pour en savoir davantage, M. Hamidou Diawara, écologiste de son Etat, nous donne plus de précisions sur ce fléau qui menace la vie des hommes sur terre.

Le Rossignol : Pouvez- vous nous présenter votre associa – tion ?

créée depuis  2009, l’Association malienne pour la solidarité et le développement (AMSD) est une association humanitaire au ser- vice de la solidarité et du déve – loppement durable au Mali. Elle a un caractère volontaire, apolitique et à but non lucratif. Elle fut créée pour renforcer et pérenniser le volontariat et le développement socio-écono – mique au profit des populations défavorisées. L’agriculture biologique et éco – logique est l’un des piliers de l’AMSD. Elle milite au Mali pour une transition verte et écolo – gique à travers la promotion de l’agriculture biologique et éco – logique à échelle paysanne et aussi pour une autonomisation semencière à échelle paysanne, en créant des emplois verts au Mali. L’ONG- AMSD représente au Mali la Fédération internationale de l’arbre (FIA- Mali). Elle milite dans les zones rurales pour promouvoir une agriculture biologique, écologique pour une meilleure préservation de l’environnement et la santé des paysans et des consommateurs. Elle est constituée de volontaires passionnés, socialement responsables, défenseurs de l’environnement et du développement durable. Elle est représentée par des membres partout au Mali, des sympathisants en France et en Afrique. Nos secteurs d’interventions sont entre autres l’agriculture durable et écologique, le développement local et durable, la lutte contre la pauvreté notamment l’immigration, la cohésion sociale et solidarité, l’éco- village, l’éco-citoyenneté, la gouvernance locale et le
développement durable, l’éducation et formation et l’énergie renouvelable, biodiversité et l’environnement.

Le Rossignol : Quelles sont les conséquences de la coupe in – contrôlée de bois de chauffe sur l’écosystème ?

Hamidou Diawara : La flore du Mali présente une grande variété d’espèces. Il a été dénombré 1 739 espèces spontanées ligneuses, réparties entre 687 genres provenant de 155 fa – milles. Pour vivre, l’homme doit satis- faire ses besoins vitaux par l’exploitation des ressources à sa disposition. La forêt est une ressource naturelle de grande importance sur le plan socio-culturel, économique et écologique. Cependant, l’exploitation irrationnelle des forêts entraîne progressivement sa dégradation, jusqu’à sa disparition, au point où la vie humaine se trouve menacée. Ainsi, apparaît un conflit entre les besoins de l’homme et l’équilibre des écosystèmes en général, celui des forêts en particulier. La question la plus présente à l’esprit de certains observateurs est comment satis- faire les besoins des générations actuelles et futures de l’homme, sans compromettre la pérennité des écosystèmes forestiers ». Depuis l’existence de l’humanité, la forêt, par sa biodiversité, a toujours été pour les paysans en général, un réservoir d’intérêts extrêmement variés. Elle ne procure pas seulement la nourriture, les médicaments et les bois de chauffe (principale source d’énergie et de matériaux de construction des maisons et des meubles) aux populations. Comme d’aucuns ne le pensent, ces derniers trouvent en cet héritage historique une certaine « richesse » qu’il faudrait nécessairement « préserver », pour le bénéfice des générations futures. Malheureusement, malgré cette volonté de préserver ces écosystèmes forestiers, l’on remarque depuis quelque temps une dé – gradation irréversible de certaines zones car, non seulement les méthodes traditionnelles de leur «préservation » ne sont pas adéquates, mais aussi à elles, s’ajoutent diverses influences d’exploitation, notamment la coupe mécanisée des bois pour le charbon et le bois de chauffe et les techniques traditionnelles des cultures itinérantes sur brûlis, qui ne font qu’accélérer ce processus de dégradation de la nature et de l’écosystème aux risques irréversibles dans un contexte de changement clima – tique. Cependant, il est possible de nos jours, d’une part, d’abandonner ces mauvaises pratiques évitant ainsi l’ouverture des forêts vierges, grâce à de nouveaux systèmes d’exploitation ration – nelle des terres agricoles, tels que les systèmes agro-forestiers, l’agro- écologie et l’agriculture biologique qui permettent ainsi une restauration rapide de la fertilité des sols cultivés et de la biodiversité. D’autre part, le re – peuplement, avec certaines essences de valeur des massifs forestiers livrés à l’exploitation mécanisée, est aussi une solution pour préserver les écosystèmes forestiers des dégradations et garantir aux générations futures un héritage de valeur. Les systèmes agro-forestiers associés à l’agro- écologie permettent de réduire l’expansion des cultures sur brûlis et l’exploitation des forêts pour le bois de chauffage et charbon de bois. En outre, l’abandon de ces sources d’énergie au profit d’énergie renouvelable permettrait non seulement de réduire la pression sur la forêt, mais aussi les dépenses qu’elles occasionnent dans les milieux urbains et périurbains.

Le Rossignol : Est-ce que vous pouvez- nous faire l’état de la coupe incontrôlée des arbres au Mali ?

Hamidou Diawara : Le patri- moine riche et varié du Mali est malheureusement menacé de disparition à cause essentielle – ment de l’homme (défriche – ment, surpâturage, braconnage, pêche illicite, feux de brousse, lutte chimique anti- parasitaire et anti-aviaire (utilisation des
pesticides) et par les aléas climatiques (déficits pluviométriques notamment). Cette situation est exacerbée par la faiblesse de la sensibilisation à la protection de l’environnement des populations et l’accroisse – ment démographique. Parmi les obstacles qui freinent la préservation des ressources biologiques figurent les conflits fonciers, l’insécurité foncière, l’insuffisance des moyens de l’Etat pour assurer la surveillance et la gestion appropriée des ressources, l’accroissement des besoins en ressources naturelles des populations, etc. La pauvreté de l’immense majorité de la population oblige les hommes et les femmes à surexploiter les ressources biologiques, ce qui en rend la restauration, la reconstitution et le développement particulière – ment difficiles. Les ressources biologiques sont vitales pour le pays, indispensables à la survie des populations (aliments, médicaments, sources de revenus, etc.). Elles jouent un rôle prépondérant, voire exclusif, dans la satisfaction des besoins alimentaires de la population. Elles ont aussi un rôle social, culturel, esthétique et éthique de premier ordre. Malgré cette importance des ressources biologiques dans la vie des populations maliennes, elles sont insuffisamment connues, ce qui ne permet pas d’en tirer le meilleur profit. Les études sont rares et localisées. Les grandes sécheresses des an – nées 1972-1973 et 1984-1985 ont donné le déclic pour une prise de conscience nationale pour la conservation des ressources bio – logiques. Ainsi de nombreux pro – jets et programmes de développent, des activités orientées vers la conservation des forêts, des sols, des eaux et de la faune ont vu le jour. Une analyse de leurs expériences montre de réels efforts d’organisation de l’exploitation des ressources forestières par les populations; de restauration et de régénération d’environnements dégradés; de mise en œuvre d’actions incitatives des- tinées à améliorer la gestion des terroirs par des plantations champêtres, des plantations forestières, des activités de défense et de restauration des sols (DRS), de conservation des eaux et du sol (CES) ; de gestion de la faune et de son habitat (Réserve du Bafing, Réserve du Baoulé, etc.).

Mariam dite Mama Diarra
HAMIDOU DIAWARA, ECOLOGISTE « L’exploitation irrationnelle des forêts menace la vie humaine »

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour;
    Ses a ce demander si nos autorités ce souci vraiment de notre sort et de l’avenir du pays,
    Tous les jours nous voyons des camions remplir de sacs de charbon à ce demander combien d’arbres périssent chaque jour pour satisfaire les besoins des citadines;
    A défaut de pouvoir subventionner le gaz et s’il est vrais que le gisement de gaz existe vraiment a Kati pourquoi ne pas l’exploité,
    un système de reboisement, le charbon bio, le rôle des eaux et foret de la douane dans la lutte ?

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