La Cité Universitaire de Kabala a servi de cadre au lancement du livre ‘’Jaahe’’ de Chaka Keïta dit Lawalé Siyaka. C’était samedi 6 mars.

 Le titre du livre ” Jaahe” est une expression et une interjection malinké signifiant la déception, l’étonnement… L’auteur du livre, Chaka Keïta, fait le résumé de ‘’Jaahe’’ en thématiques majeures. Comme le titre l’indique (expression de désolation en Malinké), “Jaahe” est un recueil de poèmes exprimant un cri de cœur angoissé par tant de phénomènes qui miment la société. Nous retenons un premier thème capital qui est ”L’école” dont le poème ”Gafe” constitue l’entrée en matière, s’ensuivent ainsi ”Kalanko”, ”Karamg ” et ”Kalanj”. De plus, les mots pour traiter le quotidien du peuple ne manquent pas dans ce livre. Le mode de vie
hypocrite et blasant se fait ressentir dans ”Sigida”, ”Biko”, ”Bi Faamu”, … Un petit clin- d’œil aussi à la vie aventurière (Lampedusa). Par ailleurs, il a mis un ac- cent particulier sur la femme entre courage et laxisme (Muso csirilen, Muso sirilen, Kona, Dkla), le patriotisme et l’humanisme (Mgya Fakan, Kalifa, Bn, N’teri), l’appel à la culture endogène surtout. ‘’Pour preuve, j’ai écrit le recueil en Bamanankan’’. Dans ce recueil, nous retenons aussi des poèmes plus intimistes et affectueux magnifiant la famille (Baba, Ne Ba), l’amitié (Kanfo, Jnba) … ou relevant tout simplement de la pureté poétique avec un lyrisme en – voûtant (A Mana dan, Ni).
Bref, ce recueil s’adonne une allure universaliste riche de conseils (beaucoup de proverbes) d’enseignements, et de goût poétique. Mais aussi et surtout un cri de cœur contre un monde en dé – route…” Des problèmes et difficultés, Lawale Siyaka, en a rencontré durant la réalisation de ce livre ”J’ai eu un problème de correction. Il y a peu de spécialistes de bamanankan comparativement au français. Ces spécialistes ne sont pas souvent disponibles, du coup on se retrouve face à un problème de relecture’’, déclare-t-il. Il ajoute qu’il a eu l’accès difficile aux maisons d’éditions et en plus des frais exorbitants de l’édition.
Il serait bon que les uns et les autres s’approprient de « Jaahe » de Chaka, un livre plein d’enseignements pour se faire une image de notre société. Né le 02 mars 1998, à Gon – solo, village situé dans la commune rurale de Bancoumana (région de Koulikoro, au Mali), Chaka Keïta, connu sous le nom Lawalé Siyaka, est un jeune poète malien. Il est inscrit à l’école de son village natal. En juin 2008, il obtint le Certificat d’études primaires (CEP). En 2012, il décroche le Diplôme d’études fondamentales (DEF). Orienté au lycée, les lettres sont au centre de ses aspirations, avec la traduc- tion des chansons en bama – nankan. En 2015, après son l’admission au Baccalauréat
malien, il intègre le monde de l’écriture auprès des écrivains jeunes. En 2017, Il est lau – réat du concours de poésie qu’organise le Club-Lettres de la Faculté des lettres, des langues et des sciences du langage. Membre de plusieurs Clubs et associations qui visent la promotion de la littérature, Lawalé Siyaka est également coauteur d’une « Anthologie » et auteur de plusieurs manuscrits (poèmes, nouvelles) en français et en bamanankan. Auteur d’un tout nouveau recueil de poèmes exclusive – ment écrit en bamanankan, intitulé Jaahe, Chaka Keïta poursuit des études de journalisme à l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de la communication de Bamako.

Daouda DEMBELE

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